Pôle missionnaire du Val Maubuée

Eglise Catholique

 Action des chrétiens pour l'abolition de la Torture


Appel de novembre : J'agis pour Francisco

Francisco est un paysan indigène tsotsil de 69 ans. Son engagement contre des mégaprojets de développement dans sa région du Chiapas lui a vraisemblablement valu d’être torturé et maintenu en détention dans des conditions indignes pendant plus de trois ans. Aujourd’hui libre, Francisco se bat avec l’ACAT à ses côtés pour que ses tortionnaires soient condamnés.

Le 17 / 10 / 2018

Emprisonné pour avoir défendu sa communauté

Francisco de Jesús Espinosa Hidalgo, 69 ans, est un paysan indigène tsotsil de Venustiano Carranza, au cœur du Chiapas. Leader au sein de sa communauté, il a longtemps défendu la propriété collective et l’agriculture vivrière des terres de sa communauté, notamment face à de grands projets miniers et de monocultures. Son engagement a vraisemblablement fait de lui une cible. L’ONG mexicaine Frayba rapporte qu’en mai 2015, des policiers l’arrêtent et le torturent. Après l’avoir déshabillé, ils le rouent de coups et lui infligent des décharges électriques pour l’obliger à signer des aveux de culpabilité dans une affaire de vol avec violence. Francisco est ensuite placé en détention à 130 kilomètres de ses proches dans la prison d’El Amate. Là-bas, sa santé se dégrade rapidement : il survit dans des conditions de détention indignes. Dépression, douleurs récurrentes, diabète, pertes de mémoire, dysfonctionnement de la prostate… Il n’a eu accès à aucun soin. Le 21 septembre 2018, en l’absence totale de preuves, Francisco est enfin libéré. Cependant, le combat ne peut s’arrêter là : ses tortionnaires et leurs complices doivent être jugés. L’homme bientôt septuagénaire a aussi besoin d’être soigné.

Des minorités martyrisées

À l’instar de Francisco, les populations autochtones sont marginalisées au Mexique. Du fait de leur culture, leur identité et leur mode de vie traditionnel, elles demeurent plus discriminées et criminalisées que le reste de la population. L’ONU estime que 71,9 % de la population indigène vit dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté, contre 40,6% de la population au niveau national. Une minorité d’entre eux sont comptabilisés officiellement : 6,5% de la population. Pourtant 21,5%  des Mexicains s’auto-identifient comme autochtones.

Du fait de cette exclusion sociale, les indigènes subissent en toute impunité les exactions et intimidations de la police : arrestations arbitraires, contrôles au faciès... Ces opérations visent à freiner leurs revendications et à empêcher l’exercice de leurs droits. Ces victimes font des coupables idéaux. Dans l’écrasante majorité des cas, elles sont arrêtées sans mandat et torturées jusqu’à la signature d’aveux de culpabilité dans des affaires criminelles que les autorités cherchent à boucler rapidement. Leur défense est souvent bâclée par des avocats commis d’office à la solde de l’accusation, et en l’absence d’interprète alors que très peu comprennent l’espagnol. Les juges restent indifférents aux dénonciations de torture et ordonnent leur condamnation. Ensuite, nombre de détenus autochtones se voient refuser l’accès aux soins en prison. Ensemble mobilisons-nous contre ces injustices et protégeons les populations autochtones !


 

Prière d’espérance - Sœur Emmanuelle

Seigneur, accorde-moi aujourd’hui cette grâce que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur,mais que j’arrive à parler joie, prospérité, à chaque personne que je vais rencontrer, pour l’aider à découvrir les richesses qui sont en elle.

Aide-moi aussi, Seigneur, à regarder ta face ensoleillée, même en face des événements difficiles :

il n’en est pas un qui ne puisse être source de bien encore caché.

Donne-moi, à toute heure de ce jour, d’offrir un visage joyeux et un sourire d’ami à chaque homme, ton fils et mon frère.

Donne-moi un cœur trop large pour ruminer mes peines, trop noble pour garder rancune,trop fort pour trembler, trop ouvert pour le refermer sur qui que ce soit.

Seigneur, je te demande ces grâces pour tous les hommes qui luttent aujourd’hui afin que diminue la haine et que croisse l’Amour.

Ouvre nos yeux à l’Invisible pour que rien n’arrive à ébranler l’optimisme de ceux qui croient en Toi et qui croient en l’Homme, qui espèrent en Toi et espèrent en l’Homme.


 



 

L’ACAT est une ONG chrétienne de défense des droits de l’homme créée en 1974. Association loi 1901, elle est reconnue d'utilité publique et d'éducation populaire. 

 L’ACAT combat la torture et défend l’abolition de la peine de mort, ainsi que le droit d’asile partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. 

Comme chrétiens, nous refusons la pratique de la torture et agissons pour son abolition, en accord avec l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

 Les trois piliers de l’ACAT : agir, prier, être œcuménique

 Agir :

  • Envoi de lettres d’intervention aux autorités pour dénoncer la pratique de la torture ;
  • Soutien par envoi de lettres aux prisonniers victimes de la violence d’Etat et à leur famille ;
  • Sensibilisation des chrétiens au scandale de la torture ;
  • Education aux Droits de l’Homme en milieu scolaire.

 Prier :

  • Pour les personnes torturées et pour les tortionnaires, afin qu’ils retrouvent leur dignité d’homme. La « Nuit des Veilleurs » est une chaîne de prière relayée dans le monde entier à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture.

 Etre œcuménique :

  • L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture est une association œcuménique, internationale, fondée en 1974 par deux femmes protestantes.

 Action, prière et œcuménisme sont efficaces : chaque année nous mettons fin au calvaire de plus de 200 hommes, femmes et enfants

 


Site internet : https://www.acatfrance.fr

Equipe locale du Val Maubuée : Anne BAUDUCEAU (tel. 06 81 42 89 41)