Pôle missionnaire du Val Maubuée

Eglise Catholique

Dimanche 03 mars 2024 - Saint Guénolé


 
 

La Vie du Pôle


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Le carême, une démarche trinitaire

pour un lacher-prise indispensable

        Je crois intimement que nous sommes appelés à un vrai lâcher-prise.
       Quarante, cela veut dire qu’il faut prendre le temps de la rencontre avec le Seigneur, ne pas s’effrayer de la durée, croire qu’elle nous est donnée pour un meilleur discernement.
        Mais le carême, c’est surtout une démarche trinitaire : le jeûne, l’aumône et la prière.
        Pour mieux comprendre la démarche de carême, allons au cœur de la retraite au désert de Jésus après son baptême (Mathieu 2,1-11)
       Cela commence par un uppercut : « Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. ». Oui le carême est un combat féroce avec le malin, le menteur… C’est un chemin risqué et il faut y aller en oubliant nos propres forces, mais en regardant la résurrection du Christ, qui est notre bouclier pendant notre démarche de carême.
       Mais prêtons donc attention aux trois tentations du Christ qui vont nous illustrer le carême dans sa dimension trinitaire.

 

Centre Saint PaulPrière des laudes
lundi 4 mars , 08:15 - , Centre Saint Paul

Centre Saint PaulAdoration eucharistique
mercredi 6 mars , 19:30 - , Centre Saint Paul

>Chemin de croix
vendredi 8 mars , 15:00 - , Eglise de Champs à 15h et Eglise de Torcy à 20h30

Eglise de Champs-sur-MarnePôt de l'amitié après la messe
dimanche 10 mars , 12:00 - , Eglise de Champs sur Marne

Célébration pénitentielle
mardi 12 mars , 20:30 - , Centre Saint Paul

 
Première tentation : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’ap- procha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répon- dit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
       Nous sommes au cœur du jeûne, que faire pour que notre jeûne soit une expérience pleine de fruits de la rencontre avec Dieu ?
       Dans la foi chrétienne, il s’agit surtout de lâcher prise sur nos propres forces, sortir du souci du quotidien pour se tourner vers le Seigneur seul. C’est une démarche volontaire de notre part, un cadeau que je fais au Père de miséricorde pour entrer dans un tête-à-tête avec lui. Lui n’en a pas besoin : son souci n’est-il pas que nous ne manquions de rien ? Relisons l’intervention de Jésus avec les foules qui le suivent pour lesquelles il va faire le miracle de la multiplication des pains et revivons son interpellation des apôtres qui se demandaient comment faire avec un seul pain : « vous n’avez pas compris » ! Le diable n’a pas com- pris, avec Dieu nous n’aurons pas faim de ce qui pèse en nos corps, il s’en charge.
       Sortant du désir basique de notre satiété alimentaire, nous allons vers le désir spirituel de la Parole de Dieu, pour mieux voir notre péché et discerner quelle est la volonté du Père de miséricorde pour nous aujourd’hui, dans ce chemin où l’Esprit nous conduit et où « parfois il faudra prendre sa croix ! ». Renoncer est un chemin en pente raide où l’effort peut être rude.
      Et le jeûne ne concerne pas seulement l’absence de nourriture, mais aussi le renoncement à tout ce qui nous détourne de notre désir de suivre le Seigneur, petite ou grande addiction dont on cherche à se purifier : identifions-les et essayons de les éviter au long du carême.
      Enfin, pour que le carême ait une portée, il nous faut être sincères et rester humbles…
 
Deuxième tentation : « Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » ».
       Mettre à l’épreuve son Dieu nous détourne de l’objectif de notre démarche. Il ne s’agit pas en effet d’être le chouchou de Dieu, mais de croire que nous avons notre part de colibri dans la mission du Christ. Et cette mission est de se faire proche et frère de tous les hommes. C’est la notion d’aumône, de charité, de solidarité, de fraternité, d’empathie, de compassion, bref d’amour et Dieu compte sur nous.
       Il nous importe alors d’être sincère avec Dieu et avec nous-mêmes et d’entendre ce qu’il désire pour nous.
       Ainsi donc, le jeûne aspire à une société de communion : il ne peut être séparé de l’aumône. Il n’est pas une épreuve qualificative qui nous emmènera sur une route glorieuse, mais un moment privilégié de re- garder autour de nous ceux qui sont nos sœurs et nos frères.
      Je peux aussi en guise de carême vivre l’abstinence avec mon conjoint ou ma conjointe. Il importe alors que je vive cette abstinence, non comme une absence de relation, mais comme un tremplin pour me rapprocher autrement de lui ou d’elle. Oui, il convient de renforcer le lien qui nous unit dans le dialogue, le service …
 
Troisième tentation : « Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. ». »
        Attention, nous avons à faire, selon notre Pape François, à des « charmeurs de serpents », c’est-à-dire qu’ils utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur ! »
        Il nous faut donc renoncer à tout ce qui peut nous faire croire que le malin peut nous donner, et en lâchant sa prise, savoir que nous ne pouvons rien de nous-même et prier le Père de miséricorde. Nous sommes alors dans l’attitude de prière pour trouver la force de dire « arrière Satan » !
       Pour que notre carême ait donc un sens, il importe que nous nous mettions devant le Christ, que nous nous tournions vers la Parole de Dieu pour que nous ne fassions pas des œuvres pour Dieu, mais l’œuvre de Dieu !
       Le pape François encore nous le rappelle : « En consacrant plus de temps à la prière, nous permettons à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes, afin de re- chercher enfin la consolation en Dieu. Il est notre Père et il veut nous donner la vie. »
        Oui recherchons intensément qui est ce Dieu trinitaire qui nous donne la vie et ne restons pas les yeux fixés vers le ciel, mais allons en mission, car nous sommes devenus frères du Christ par effusion de l’Esprit Saint et collaborateurs du Fils.
 
La démarche exaucée : « Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient. »
       L’hymne aux Philippiens précise que le Christ s’est vidé de sa nature divine pour s’incarner et faire de nous, vidés à notre tour de nos contraintes humaines, des fils de Dieu appelés à le servir auprès des hommes et des femmes de ce monde. Mais c’est dans l’empreinte de la sincérité et de la fidélité à Dieu que cela reste possible par l’Esprit qui nous est donné pour faire la volonté de Dieu.
        Ecoutons encore Isaïe dans son chapitre 58 ! « Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces re- viendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu ap- pelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »
       Le carême est le temps donné pour relire sa vie devant Dieu et le louer pour cela : en quels évènements, que je peux nommer dans ma vie, j’ai eu la chance de marcher avec Dieu, Père, Fils et Saint Esprit ?
 
Jean INGLESE